Vendanges 2026 : un millésime précoce sous forte pression climatique

Vendanges 2026 : un millésime précoce sous forte pression climatique

Sécheresse, fortes chaleurs et épisodes climatiques extrêmes ont marqué les vendanges 2026 en Occitanie. Dans les Pyrénées-Orientales comme en Gascogne, le millésime se caractérise par une forte précocité et des rendements très hétérogènes selon les secteurs et les cépages. La qualité est toutefois au rendez-vous. Face à ces conditions qui pourraient devenir plus fréquentes, les filières travaillent déjà à l’adaptation des pratiques.

Les vendanges 2026 confirment la forte vulnérabilité du vignoble méditerranéen face à l’enchaînement des épisodes climatiques extrêmes. Dans les Pyrénées-Orientales, comme en Gascogne, la sécheresse, les fortes chaleurs et les différents accidents climatiques ont pesé sur les rendements et imposé une adaptation des pratiques. Les premiers bilans font toutefois état d’une qualité globalement préservée, avec des situations très contrastées selon les secteurs et les cépages.

Dans les Pyrénées-Orientales, le millésime a été marqué par un bon démarrage végétatif et une belle sortie de grappes, mais aussi par un vignoble fragilisé par plusieurs années de sécheresse. Les fortes températures estivales, avec les épisodes de canicule en juin, juillet et août, ont favorisé une précocité et provoqué des phénomènes d’échaudage.

La campagne a également été affectée par la grêle, notamment dans l’Agly, ainsi que par l’incendie de Trévillach du 5 juillet. Par ailleurs, les conditions sanitaires, marquées par du mildiou en début de campagne puis des risques de pourriture en fin de cycle, ont nécessité une vigilance soutenue.

Une vendange avec des rendements très contrastés

Les vendanges du Floc de Gascogne sont quasiment achevées. Là encore, le bilan est très hétérogène selon les secteurs et les cépages. « La qualité est dans l’ensemble au rendez-vous », souligne Carole Garreau, présidente du Comité interprofessionnel du Floc de Gascogne. Cependant, les rendements sont très variables.

Les grains de raisin, particulièrement petits, ont donné moins de jus, ce qui pourrait entraîner une baisse des volumes. En revanche, les fortes chaleurs ont favorisé de belles maturités et des sucrosités intéressantes. Elles ont imposé une vigilance accrue afin d’éviter le démarrage de la fermentation du jus de raisin, notamment lors de l’élaboration du Floc rosé.

Des vendanges le soir et le matin très tôt

En Gascogne, certains coopérateurs ont commencé dès la mi-août à vendanger et ont dû s’activer de nuit ou très tôt le matin afin de bénéficier de températures plus fraîches, à la fois pour les équipes et pour préserver la qualité des raisins.

Cette adaptation pourrait devenir plus fréquente avec l’évolution du climat. Des pistes sont étudiées, de la recherche sur les cépages à différentes solutions de protection de la vigne, comme l’irrigation, les voiles ou l’agrivoltaïsme. Cependant, leur coût et leur faisabilité restent encore à évaluer.

L’adaptation climatique, mais aussi économique

Au-delà du bilan agronomique, la situation économique demeure un enjeu majeur pour les filières. Dans les Pyrénées-Orientales, les professionnels font état d’un recul marqué des commercialisations et d’une contraction continue du vignoble.

Les ventes du Flocs de Gascogne stagnent ou reculent également, tandis que l’Armagnac est confronté au repli de plusieurs marchés à l’export. Dans ce contexte, la résilience des filières passe à la fois par l’adaptation au changement climatique, la sécurisation de la ressource en eau et la reconquête des marchés, notamment locaux.

Source pour les Pyrénées-Orientales : Note de conjoncture septembre 2026 Chambre d’Agriculture des Pyrénées-Orientales

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