Trois IGP pour l’oie du Sud-Ouest : une reconnaissance historique

Trois IGP pour l’oie du Sud-Ouest : une reconnaissance historique

Après plus de vingt-cinq ans de démarches, l’oie du Sud-Ouest tient enfin sa reconnaissance européenne. Les producteurs espèrent ainsi relancer une filière fragilisée tout en réaffirmant l’identité et l’authenticité des produits de leur terroir.

Depuis le 11 juin, les dénominations « Oie du Sud-Ouest », « Foie gras d’oie du Sud-Ouest » et « Confit d’oie du Sud-Ouest » bénéficient officiellement d’une Indication Géographique Protégée (IGP). Cette reconnaissance consacre un savoir-faire ancestral et offre de nouvelles perspectives à une production devenue confidentielle. Enregistrée par la Commission européenne, elle protège désormais ces produits sur l’ensemble du territoire européen et valorise un patrimoine gastronomique profondément enraciné dans le Sud-Ouest.

Pour Agnès Loth, directrice de l’association Palso (Promotion et la défense de produits de palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest), cette étape marque une victoire collective : « Ce dossier de longue haleine a pris naissance en même temps que celui de l’IGP Canard à foie gras du Sud-Ouest. Aujourd’hui, c’est une grande fierté collective d’avoir pu aboutir à ces reconnaissances ».

Structurer une filière devenue une niche

Si le foie gras d’oie fait partie de l’histoire gastronomique du Sud-Ouest, la filière traverse depuis plusieurs années une période délicate. « Aujourd’hui, on est quasiment en sauvegarde, puisqu’on a connu près de 80 % de réduction de la production sur les dix à quinze dernières années. »

L’obtention de ces trois IGP ne représente pas seulement un label supplémentaire. Pour les professionnels, elle constitue un véritable levier de structuration. « On espère que cette IGP permettra de mieux structurer la filière, de défendre les termes géographiques reconnus et de valoriser ce produit face à des produits d’importation », poursuit Agnès Loth.

L’objectif est également de susciter de nouvelles vocations. « Pourquoi ne pas donner envie à de nouveaux producteurs de s’installer, ou à des conserveurs spécialisés dans le canard d’élargir leur gamme ? C’est un produit d’excellence ». À ce jour, 24 éleveurs sont engagés dans la démarche de certification. Ils produisent environ 40 tonnes de foie gras d’oie par an alors que près de 225 tonnes importées sont commercialisées sur le marché français.

Une réponse aux attentes des consommateurs

À l’heure où l’origine des produits est devenue un critère déterminant d’achat, ces nouvelles IGP apportent des garanties fortes. « L’origine est l’un des premiers critères de choix des consommateurs. Avec les IGP, toutes les étapes, depuis l’élevage jusqu’à la transformation, sont réalisées dans le Sud-Ouest. Les oies sont élevées, gavées et cuisinées sur le territoire », observe Agnès Loth.

Cette traçabilité intégrale s’accompagne d’un cahier des charges exigeant. Les oies doivent entre autres être élevées en plein air sur des parcours arborés, vivre au minimum 91 jours, être nourries avec du maïs du Sud-Ouest et être élevées sans antibiotiques.

Quant aux produits transformés, les recettes restent fidèles aux traditions régionales. « Pour le confit, c’est uniquement du sel et du poivre. Pas d’additifs, pas d’arômes. Nous avons voulu reprendre les savoir-faire traditionnels du Sud-Ouest. » Au-delà de la provenance, c’est donc toute une méthode de production qui est désormais protégée.

Une aventure qui ne fait que commencer

Si l’enregistrement européen constitue un aboutissement administratif, il marque surtout le début d’un nouveau travail de terrain. « L’obtention de l’IGP n’est qu’un départ. Une fois qu’on l’a, c’est là que tout le travail commence : accompagner les opérateurs, les faire travailler ensemble, communiquer sur le produit… Plein de chantiers s’ouvrent », se félicite la présidente de Palso.

La réussite de cette démarche repose d’ailleurs sur une mobilisation collective rarement simple à obtenir. Producteurs fermiers, éleveurs spécialisés et conserveurs ont réussi à construire un cahier des charges commun malgré des réalités économiques parfois très différentes.

Et Agnès Loth de conclure : « On a réussi à trouver un dénominateur commun. C’est ce qui fait la force de nos filières en IGP : accepter collectivement des critères qui préservent le produit, tout en laissant ensuite à chaque entreprise la possibilité d’exprimer son propre savoir-faire. »

Plus d’infos : lecanardetloiedusudouest.fr

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