Le foie gras du Sud-Ouest se réinvente sans renier ses racines

Le foie gras du Sud-Ouest se réinvente sans renier ses racines

À l’occasion des 25 ans de l’IGP, l’association pour la Promotion et la défense des produits de palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest (PALSO) a lancé une réflexion collective pour dessiner les contours de la filière à l’horizon 2030. Dans un contexte de renouvellement des générations et de nouveaux défis sociétaux, les professionnels ont défini quatre priorités pour préserver les savoir-faire et renforcer la valeur du produit.

Créé pour assurer la promotion et la défense des produits de palmipèdes à foie gras du Sud-Ouest, l’association Palso a profité de l’anniversaire symbolique des 25 ans de l’IGP pour engager un travail de prospective avec l’ensemble des acteurs de la filière. « Notre réflexion est issue d’un moment de transition », explique Agnès Loth, directrice de Palso. L’IGP Canard à foie gras du Sud-Ouest fête ses 25 ans. « C’est l’équivalent d’une génération. Nous avons toute une génération d’hommes et de femmes qui ont participé à sa construction et qui sont en train de passer la main. »

Cette démarche a permis aux professionnels de revenir sur les avancées réalisées depuis la création de l’IGP, mais aussi d’identifier les leviers nécessaires pour accompagner la filière dans les prochaines années. « On a regardé d’où est-ce qu’on arrivait, tout ce qu’on avait réalisé et comment on pouvait se projeter en 2030 », précise Agnès Loth.

Trois grands enjeux pour une filière durable

Les échanges menés dans le cadre de cette réflexion ont fait émerger trois défis majeurs : la performance économique, la durabilité et la communication. Avec une ambition commune, celle de valoriser les atouts d’une filière profondément ancrée dans son territoire.

« On a travaillé sur les valeurs et les ressources que l’on avait au sein de la filière : la passion, l’authenticité, le savoir-faire, la convivialité, mais aussi la richesse de notre territoire, nos cahiers des charges et les compétences de nos producteurs », souligne la directrice de Palso.

Au-delà des orientations stratégiques, cette feuille de route vise aussi à renforcer le sentiment d’appartenance à un collectif. « Chacun doit se sentir participant au collectif, être ambassadeur de la filière et porter les valeurs du Sud-Ouest. »

Quatre priorités définies à l’horizon 2030

La première ambition concerne la qualité, pilier de l’IGP et élément essentiel pour maintenir la confiance des consommateurs. La deuxième porte sur la transmission des savoir-faire, condition indispensable à la pérennité de la filière.

« On a énormément de savoir-faire à préserver et à transmettre, pour que justement ça ne se perde pas », rappelle Agnès Loth. Parmi eux, le gavage et le tri du foie gras constituent des compétences spécifiques qui nécessitent d’être accompagnées et valorisées.

La troisième priorité porte sur le renforcement de l’ancrage territorial et la durabilité. Véritable marqueur identitaire du Sud-Ouest, l’IGP Canard à foie gras contribue au maintien d’une activité économique et sociale dans les territoires ruraux. « Lorsqu’on est ancré dans un territoire, on fait attention à son territoire, aussi bien socialement qu’environnementalement », estime Agnès Loth.

Enfin, l’association Palso souhaite mieux faire reconnaître la valeur économique liée aux exigences du cahier des charges IGP. « Le produit foie gras du Sud-Ouest n’a pas les mêmes contraintes qu’un produit sans cahier des charges. Cette valeur ajoutée doit pouvoir être reconnue par le marché et partagée équitablement tout au long de la filière. »

Anticiper les attentes de demain

Comme l’ensemble des filières agricoles, celle du foie gras doit aujourd’hui répondre à de nouveaux enjeux qui sont notamment l’évolution des modes de consommation, les attentes croissantes autour du bien-être animal et la gestion des risques sanitaires liés notamment aux épizooties.

L’un des leviers essentiels reste l’information du public. « Pour répondre aux questions des consommateurs, il faut de la transparence. Nous devons montrer ce que nous faisons et expliquer nos savoir-faire », insiste Agnès Loth.

Avec cette feuille de route à 2030, la filière entend donc s’appuyer sur ses fondamentaux tout en poursuivant son adaptation. Un équilibre entre transmission d’un patrimoine agricole et capacité à répondre aux attentes de demain.

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