Face à l’accélération des travaux nationaux sur l’affichage environnemental des produits agricoles et agroalimentaires, l’IRQUALIM poursuit son rôle d’accompagnement et de représentation des filières sous SIQO. Depuis plusieurs mois, l’institut suit de près la construction de ce dispositif de référence, appelé à s’appliquer à l’ensemble des produits alimentaires, et s’attache à en analyser les impacts concrets pour les démarches de qualité.
Dans ce contexte, l’IRQUALIM a souhaité interpeller, en décembre dernier, Annie Génevard, la ministre de l’Agriculture à travers l’envoi d’un courrier officiel. Cette démarche s’inscrit dans une logique de dialogue constructif avec les pouvoirs publics, visant à rappeler les spécificités des filières SIQO, leurs cadres de production exigeants et les engagements environnementaux déjà à l’œuvre sur les territoires. À l’heure où l’affichage environnemental est souvent perçu comme un « nutriscore environnemental », l’enjeu est de s’assurer que les méthodes de calcul et les indicateurs retenus permettent une lecture juste et équilibrée des pratiques agricoles.
Dans cette lettre, l’IRQUALIM exprime tout d’abord sa vigilance quant aux effets potentiels de l’affichage environnemental sur les produits sous SIQO. Si l’objectif de transparence environnementale est partagé, l’institut souligne le risque que certaines méthodes d’évaluation, principalement fondées sur des indicateurs globaux issus de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), ne reflètent pas pleinement la réalité des systèmes de production sous signe de qualité. Ces filières reposent souvent sur des modèles extensifs, ancrés dans des territoires spécifiques, avec des pratiques favorables à la biodiversité, aux paysages et au maintien des écosystèmes locaux.
L’IRQUALIM alerte également sur le fait qu’un score environnemental insuffisamment contextualisé pourrait conduire à des comparaisons défavorables ou réductrices, voire à une incompréhension de la part des consommateurs, alors même que les SIQO s’inscrivent dans des cahiers des charges stricts intégrant déjà de nombreuses exigences environnementales et sociales.
Enfin, la lettre plaide pour une approche enrichie de l’affichage environnemental, intégrant des indicateurs complémentaires, notamment sur la biodiversité et les externalités positives des filières de qualité. L’IRQUALIM réaffirme ainsi sa volonté de contribuer activement aux travaux en cours, aux côtés des pouvoirs publics, afin que ce futur dispositif devienne un outil de valorisation des démarches vertueuses, et non un facteur de fragilisation des produits sous signe officiel.